21 février 2008

La commission Attali

679754619.jpgDans une tribune du Monde M. Erik Orsenna a exprimé sa colère face à l'ignorance de ceux qui, à droite et à gauche, rejettent l'ensemble des travaux de la commission Attali. M. Orsenna, avant d'être une personnalité de la gauche, est un serviteur de l'état. Il est l'un des plus fervents défenseurs de notre langue et ses travaux en économie attirent le respect de la communauté scientifique. Aussi peut-on regretter le mépris dont, lui et ses confrères, ont été l'objet. Il y a très certainement une part de populisme à rejeter les experts.

Il est vrai que le pouvoir législatif revient de plein droit au parlement dans une démocratie. Les propos de M. Attali ont pu choquer à juste titre les députés. Mais ils n'en demeure pas moins que l'expert ne doit pas être rejeté. L'Etat ne peut pas être normatif dans certains domaines et doit prendre en compte les réalités de la nature et de la société. On imagine avec peine des députés réclamant le droit d'être consultés pour savoir si l'eau bout à 100°.... C'est pourtant ce qu'ils font lorsqu'ils rejettent avec force un projet qu'ils déconsidèrent avant même de l'avoir lu pour des raisons idéologique. Le parlement doit refuser d'être aveugle et accepter d'être éclairé.

La France a besoin de sortir de ses pesanteurs et le rapport Attali a le mérite de poser un certain nombre de questions. Mais il est à craindre que celles-ci soit éludées par les sirènes du corporatisme et de la sclérose.

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